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la tour romane de Puissalicon

la tour romane de Puissalicon monument historique classé

HISTOIRE
Ce campanile présente les caractéristiques essentielles de l'architecture romane du XII° siècle dans le Languedoc méditerranéen : toit de tuiles de faible pente reposant sur une charpente, décoration de basalte, fenêtres doubles ou triples ornées de simples colonnes, absence presque complète de sculpture.

C'est une oeuvre de l'école de Provence Lombardie, parente des monuments de la Catalogne. Sa première destination est inconnue (quelques hypothèses farfelues ou romantiques : enfermement des pécheurs jusqu'à leur repentir, phare pour signaler un mort...).

Cette tour, primitivement isolée, devint par la suite le clocher de l'église ogivale qui lui fût accolée. Des textes, de cette époque, mentionnent ce prieuré sous le vocable de Saint Etienne de Pezan (ou Pedano, Pegano, Oppesan, Pesan). Ces mêmes textes relatent très précisément la fondation de la cure et l'établissement d'un vicaire perpétuel dans la maison claustrale avec charge (sic) pour lui d'assister à la messe matinale du dimanche - chantée par un religieux - et de faire le prône.

Au XIV° on restaure l'église paroissiale près du château l'église du village la chapelle du cimetière continue pourtant à être entretenue par la communauté (mention de réparations en 1626, à frais communs avec le prieur, des dommages causés par les guerre de religion).

Aujourd'ui, il ne reste de l'église qu'un arceau du XII°, mouluré et décoré de fleurs à 4 pétales (dites aussi pointes de diamant).

Ce prieuré dépendait de l'abbaye bénédictine de Villemagne. Celle ci fût fondée à la fin du VII° siècle par Clarinus Jubila qui l'appelle "Cogne". En 893, les religieux volent les reliques de Saint Majan à Lombez (Gers) et les exposent dans leur abbaye. Les pélerins (et leurs dons) affluent. L'abbaye est rebaptisée "villa Magna", elle est en pleine apogée. Cette prospérité est due, aussi, aux libéralités de seigneurs de Béziers et Narbonne et à l'exploitation de mines de plomb argentifère (d'où le nom du village de Villemagne l'Argentière).
La décadence débute au XV° (relachement de la règle de Saint Benoit, installation d'abbés commanditaires). Elle est détruite par les protestants en 1560. Les religieux la désertent en 1583. Ils reviendront en 1661, affiliés à la congrégation de Saint Maur. Le dernier abbé meurt en 1782. La Révolution saccage, incendie et vend aux enchères ce qui reste des batiments...

ARCHITECTURE
Cette architecture était courante vers le milieu du XII° (une chronique de la Société Archéologique de Béziers, publiée en 1870, mentionne la destruction d'une tour semblable à Puimisson).
Les 4 faces de la tour présentent à peu près la même succession de motifs sur les différents niveaux, séparés entre eux par une corniche.
Au dernier étage, une frise en dents d'engrenage de basalte (semblable à celle du cocher de l'abbaye de Fontfroide), 7 petits arcs sans moulure et 1 croix de basalte au coeur d'argile rouge surmontent une ouverture ronde soulignée par un cordon de ce même basalte.
Les 2 étages intermédiaires comprennent 5 arcs et des fenêtres doubles alors que l'étage inférieur possède des fenêtres triples.
Sa base reprend une succession de motifs géométriques (carrés ou triangles) de basalte.
On note quelques sculptures frustres (oeuvres de simples tailleurs de pierre) : têtes d'hommes aux oreilles curieusement décollées (étage inférieur, face nord), une tête de boeuf - symbole de Saint Luc évangéliste (étage supérieur, face sud), une tête inexpressive mais assez bien dessinée (face ouest).

Vers 1950, une tour similaire est érigée au cimetière de Mount Olivet à Kansas City dans le Missouri. Elle respecte scrupuleusement les plans de la tour de Puissalicon... avec 10 m. supplémentaires et une statue du Christ sur le toit...

la tour de l'Ascension dans le cimetière du Mont des Oliviers à Kansas City

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François Boujol

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